Stelios Administrateur Messages postés : 76  |
Posté le 21/06/2007 22:29:54 | | Pour une « nouvelle gauche » ou quelle unité antilibérale ?
Critique du texte de Raoul Marc Jennar : Pour une « gauche nouvelle »
Que veulent les partisans de RMJ, une « gauche nouvelle » séparée des gauches existantes, ou une « nouvelle gauche » qui nous rassemble tous autour d’un projet de société ? Tous le monde est pour un mieux être social, une politique nouvelle qui améliore notre existence et celle de nos enfants ! Mais pourquoi encore une nouvelle gauche ? Une de plus qui nous entraîne où ? Avec qui et pour que faire ? Les progressistes s'attendent à trouver des réponses à ces questions, mais voilà leurs espoirs....une nouvelle fois déçus.
1. SUR LES CENDRES DU 29 MAI
Comment peut-on brûler cette victoire extraordinaire du 29 mai ? Une politique commune et spontanée, non partisane et unitaire rencontre la volonté d'une majorité de citoyens et la réalise. Certains partisans déçus de ne pouvoir exploiter ce triomphe du "non" (lui donner une traduction politique), la recouvre des cendre de leurs espoirs consumés !
Ils ne voient pas la victoire réalisée, partagée et fondée par 15/27ièmes de millions de citoyens mais s'interrogent, sur leurs propres espoirs issus de cette victoire. S'ils étaient fondés, partagés ou réalistes ?! Au lieu de partager la défaite politique des fractions issues du non au TCE, ils brûlent cette victoire commune et la recouvrent de cendres.
Lorsqu'on ne peut assumer sa responsabilité dans l'absence d'un accord politique, s'interroger sur les moyens de retrouver cette unité victorieuse du 29 mai, d'en découvrir les liens qui ont unis les fractions partisanes, de gauche ou de droite, qui les ont rassemblés autour d'un projet commun, avec la majorité des citoyens …. On ne peut prétendre posséder la vérité et accuser les autres, de ce que l'on na pas fait.
Ce n’est pas moi monsieur le citoyen, je ne suis pas responsable. Ce sont eux les coupables de nos espoirs déçus ! Nous nous sommes laissés abuser par le(ur)s propos.... Nous espérions tellement ! Nous attendions tellement un courage politique qu’’ils n’ont pas eu. Leurs actes n’’ont jamais été à la hauteur de leurs propos. Celle qui occupait une place centrale et qui avait signé un livre intitulé « Un peu de courage » n’en a pas eu le moindre. Ils nous ont trompés. Le PRS, le PCF et la LCR ont délibérément tué la démarche unitaire qui nous avait mobilisés contre le TCE.
Ce faisant, ils se sont faits, une fois de plus, les complices d’’un système qu’’ils affirment contester sans jamais le mettre à mal quand l’occasion leur en est donnée (RMJ). Voila la démarche unitaire réalisée dans le non au TCE délibérément tuée. Non pas par ceux qui l'abandonnent mais par des responsables cités ! Ces apparatchiks qui ont trompé la vigilance de ceux qui l'enterrent aujourd'hui, après l'avoir recouverte de cendres !
2. LA GAUCHE N’EXISTE PLUS
Cela fait près de quarante ans que l'option socialiste de l'économie de marché est entièrement abandonnée. Les tendances totalitaires ou impérialistes se développent et dominent l'économie politique. Avec la mondialisation le butin s'accumule, et les appareils de partis s'en disputent le partage pour leurs partisans.
Quelle est la gauche qui n'existe plus ? La gauche anti libérale ? Mais elle disparait en même temps que l’option socialiste de l'économie ! Elle se fractionne en gauches libérales, totalitaires ou impériales qui collaborent au pillage économique ou écologique, avec les droites libérales. En appellent toujours à la confiance des classes laborieuses de la société, pour, et en leur noms, revendiquer une part meilleur du butin qui s’accumule, qui « engraisse » l’hypothèque que nous tirons sur les pillages à venir !
A quoi sert d’enfoncer des portes ouvertes si ce n’est pour démontrer sa qualité de serrurier ? Oui les appareils de la gauche ont multipliés les concessions au socialisme pour des revendications libérales ! Ce n’est pas d’aujourd’hui, mais personne ne les a vues et corrigées en leur temps ! Oui « Le mot « gauche » n’est plus qu’’une étiquette sur du vide. Il ne signifie plus rien dans les faits » (RMJ) ! Mais pourquoi les socialistes, les communistes et tous les citoyens honnêtes sont aujourd’hui désarmés face au libéralisme, qui mondialise son arrogance ? Est-ce leur faute ? Qui sont les vrais responsables, ceux qui se trompent ou ceux qui les trompent ou les détournent du socialisme avec des discours sur « des phénomènes éternels » ?
3. SANCTIONNER L’’ECHEC D’UNE DEMARCHE
L’espérance est un lieu commun pour tous ceux qui agissent, certains prennent le chemin de sa réalisation et d’autres se trompent, abandonnent leurs espoirs ou les poursuivent sur d’autres chemins. Les phrases n’y changeront rien mais les ruines ne sont des « opportunités », que pour les vautours qui s’en nourrissent.
Ni l’absence d’engagement de la LCR, ni la fraction du PCF et l’opportunisme de sa direction n’expliquent la déroute des CUAL aux présidentielles. Décembre 2006 verbalise la position politique de ses tendances. Personne n’a été l’otage d’appareil quelconque, Bové à toujours pris ses distances vis-à-vis des fractions qui se dessinaient dans les CUAL et, les communistes de progrès se sont distanciés de leurs appareils fractionnaires, pour s’engager sur le chemin de l’unité antilibérale.
Décembre 2006 sanctionne les tendances fractionnaires des CUAL qui se décantent d’une partie de ses opportunistes ! Avec la défaite présidentielle de nouvelles fractions se découvrent dans ces CUAL « épurés » et, aujourd’hui, l’une d’entre elle se cache derrière un doigt accusateur. Les «contraintes acceptées et des concessions consenties en échange d’une unité … refusée» (RMJ) ne sont plus de mise après décembre 2006. Elles sont évoquées pour « se soustraire » aux responsabilités de la défaite unitaire, mais ne nous expliquent pas pourquoi les CUAL se fractionnent de nouveau.
Les communistes de progrès et les antilibéraux conséquents n’ont jamais étés dupes, ils ne marchandent pas leurs concessions mais les font, au mieux pour une unité qu’ils veulent retrouver. Ils les feront toujours, même s’ils se trompent, pour renforcer les forces démocratiques et antilibérales. Ils reconnaissent ne pas « posséder » la vérité mais cherchent à la découvrir de leurs expériences. Ils savent que ce n’est pas en les recouvrant de cendres, pour partir vers de nouvelles aventures, qu’ils pourront réaliser leurs espoirs d’unité, dans ce monde de fractions et d’intrigues.
4. DEMAIN COMMENCE AUJOURD’HUI
La messe est dite et se suffit à elle-même pour rassembler tous ce beau monde qui a « soutenu José Bové et les candidat(e)s de la « Gauche alternative 2007 » »(RMJ), et les «femmes et des hommes de qualité (qui) ont courageusement exprimé leur lucidité sur l’’aveuglement de leurs propres appareils et se sont mis en dissidence pour privilégier la seule unité qui compte : celle qui se réalise à la base, par la base. »(RMJ).
Après s’être démarqués de la défaite, fustigé « ses responsables » et flatté l’égo de ceux qui ont la « volonté de fonder une gauche nouvelle en dehors de la culture d’’appareil »(RMJ) et qui les « fait devoir de souligner le courage de celles et ceux qui s’’en sont libérés. »(RMJ), cette fraction écarte, par quelques phrases, toute l’expérience désastreuse des CUAL pour, en fin de compte, les faire renaître de leurs cendres dans la continuité du 1 février 2007. Et là, elle reconnait avoir fait des erreurs, dont elle n’est pas responsable !
Comment peut-on avoir confiance en des irresponsables qui se targuent de faire vivre, avec nous, leur « (l’) espérance suscitée (par les CUAL ?), donner corps à nos (ou leurs) ambitions. … avec la conscience aiguë de la responsabilité qui est la nôtre et de l’immensité du défi que nous avons à relever. »? «Cela ne peut se faire dans le cadre de cercles étroits de prétendus spécialistes le plus souvent autoproclamés »(RMJ). Mais en fin de compte, c’est un spécialiste, qui refuse toute responsabilité aux erreurs que nous avons commises, et commettrons à l’avenir, qui nous recommande les actions à mener pour, «Travailler sur l’’outil qui portera nos fondamentaux ». C'est-à-dire non pas un appareil de partisans mais, un outil de partisans qui sera « en capacité d’écarter ceux dont la pensée s’’est arrêtée en 1917 et qui préparent notre retour sous le joug des vieux appareils avec leurs vieux discours et leurs vieilles recettes qui conduisent toujours aux mêmes échecs. »(RMJ)
La belle affaire ! Quelle est la différence entre un appareil de parti et un outil qui portera les fondamentaux de ses partisans ? Nada ! Rien si ce n’est que les partisans de RMJ veulent organiser une « gauche nouvelle», un parti nouveau qui exclut les socialistes « dont la pensée socialiste s’est arrêtée en 1917 ». Mais plus personne n’est capable de penser comme ces révolutionnaires d’avant 1917 ! Et s’ils préparent leur retour, après 90 ans d’absence, c’est à bras ouvert qu’il faudrait les accueillir, pour nous aider à progresser socialement et non pas individuellement, à coup de fractions et d’exclusion.
Que veulent réellement les RMJiste ? Rassembler tous ceux qui viennent avec leurs nouveaux appareils, avec leurs nouveaux discours et leurs nouvelles recettes, et qui conduisent toujours aux mêmes victoires libérales d’après 1917 ? Soyons conséquents, c’est d’unité antilibérale que nous parlons, certainement pas d’unité anticommuniste ! Les CUAL ont fait leur preuve dans le non au TCE, ils sont un outil de rassemblement et de dialogue pour tous les progressistes. Ce ne sont pas des instruments de propagande pour les fractions opportunistes qui s’y engagent, décembre 2006 en témoignage avec le départ du PCF.
5. SE RASSEMBLER AUTOUR DE NOS FONDAMENTAUX
« Un projet politique fondateur s’appuie sur des valeurs fondamentales (sic)… énoncer des valeurs est sans effet si, en même temps, on ne formule pas les réponses aux questions que pose aujourd’hui le respect de ces valeurs …»(RMJ) On peut toujours se revendiquer de valeurs fondamentales, les énoncer a un effet de mémoire. Mais la formulation de réponses aux questions de l’absence de respect en ces valeurs, n’engage à rien et reconnait notre impuissance à les respecter. C’est la pratique de chacun qui répond au respect des valeurs engagées et, par retour, elles n’engagent que ceux qui les respectent.
La démocratie est acquise, on peut toujours la détourner mais on ne peut plus nous l’enlever. La liberté, l’égalité et la fraternité ou sororité n’est acquise qu’individuellement, ces valeurs sont actuellement privées et chacun doit se battre pour les garder socialement. Que faut-il encore formuler sur ces valeurs ? Que la lutte, pour les garder privées passent par la concurrence et la compétition ? Que la démocratie du chacun pour soi-même, donne moins de pouvoir aux citoyens qu’à leur Etat ? Ou faut il au contraire affirmer et confirmer que pour réaliser ces mêmes valeurs socialement, il faut plus de pouvoir aux citoyens qu’à leur Etat ! Que la liberté, l’égalité et la fraternité ou sororité sociale, passe obligatoirement par l’éducation, l’émulation et, avant tout, le reniement de la concurrence et compétition économique, qui nous entraînent à détruire la vie de nos enfants !
Le capitalisme est un fait historique et nous en sommes tous responsables car nous en vivons ! Personne ne revendique son progrès dévastateur, certains s’y « opposent » sans succès, et d’autres « l’accompagnent » pour « réduire » ses effets nuisibles. Même les libéraux qui s’en revendiquent, cherchent des « solutions » aux « perturbations » qu’engendre son progrès.
Depuis la nuit des temps ce sont les hommes et les femmes de progrès, qui relèvent tous les défis qui leurs sont imposés. L’éducation et l’expérience ont toujours étés des éléments indispensables à la réalisation de leurs projets. Mais c’est d’un héritage commun qu’ils nous transmettent, non pas par des marchandises ou leurs équivalents argent, ni des idées éternelles et bien arrêtées mais par le don de leur vie, que les progressistes d’aujourd’hui pourront relever leurs les propres défis, et s’offrir en héritage aux générations à venir.
Enumérer les défis qui nous sont imposés pour fonder une parti, qui répond à des questions posées, principalement sur des critères d’union ou d’exclusion, au lieu de s’engager résolument, librement, sans arrière pensées, avec tous les progressistes passés, présents et à venir, vers un programme commun, minimal, même infime mais réalisable, est un acte de trahison pour tous les progressistes conséquents.
6. FORGER L’’OUTIL DE NOS AMBITIONS
La plus part des progressistes n’ont jamais eus de maîtres pour prendre parti ! Ils le prennent et se donnent les instruments de leurs actions en fonctions des objets qu’ils se proposent de réaliser ! Ils ne font que leurs devoirs pour accomplir leurs tâches ! Une fois leur mission terminée, c’est un nouveau parti qu’ils prennent pour d’autres objets à accomplir, avec d’autres tâches et cela depuis toujours !
Prendre parti est une décision personnelle qui n’engage que celui qui le prend, si ce parti est commun avec d’autres, alors il devient un instrument de partisans qui organise leurs actions en fonction des objets qu’ils se proposent de réaliser en commun. Les partisans ne font que leurs devoirs pour accomplir les tâches qu’ils se donnent. Un parti progressiste n’est pas un parti privé, enfermé dans ses cadres et incapable de s’ouvrir aux autres partisans.
Tout le monde prend parti, même celui de ne rien faire ou subir des évènements, accompagner ses voisins, s’attacher à une clôture, à un appareil partisan ou ménagé, rager contre le sort qui est lui donné, manifester, jurer de grands dieux, etc... Prendre son parti est très facile pour tout un chacun, mais prendre celui de l’humanité et de son histoire, demande biens plus qu’une page presque blanche à contempler, pour en inventer le contenu.
La démocratie bourgeoise à fait son temps, c’est celle des prolétaires qu’il faut mettre en avant. Discourir sur ses défauts, pour en produire une nouvelle à inventer est une perte de temps. Toutes ces femmes et ces hommes, qui travaillent toute leur vie dans le seul but de maintenir ces valeurs bourgeoises, qui dès aujourd’hui hypothèquent la vie des générations à venir, ne méritent pas d’être traités de la sorte. Ils ont droit au respect et c’est leur parti que tous nous devons prendre. Pas celui qu’on nous demande d’inventer !
7. UN NOUVEAU RENDEZ-VOUS A NE PAS MANQUER
Les rendez-vous historiques se suivent et se succèdent pour ceux qui ne savent pas prendre le chemin de l’histoire. Relisez votre copie messieurs les RMJistes, les progressistes ne sont pas près de vous suivre dans cette aventure. Même si vous vous appropriez ce qui reste des partisans de ces CUAL, issus de l’appel du 11 mai 2006, vous en aurez fait partie et serez ; comme tous les dirigeants individuels ou partisans de la LCR, du PCF, des fractions de gauche ou de droite et de leurs extrêmes, qui n’ont pas voulus reproduire les conditions de la victoire du 29 mai ; responsables dans l’histoire des trahisons que subissent les forces vivantes de l’humanité.
Participer à l’histoire d’une unité est un engagement personnel. Il est respectable pour celui qui met ses qualités au service de l’union. La concevoir ou y entrer pour la quitter en cours de route, révèle la direction de son progrès. La recouvrir de ses échecs, pour réaliser des projets partisans ne peut que la détruire. Les CUAL actuels se retrouvent à un moment décisif de leur histoire. Seront-ils capables de poursuivre la décantation des parties qui les ont promues ? Ou vont-elles disparaître dans leurs fractions actuelles ? L’histoire nous l’apprendra bientôt mais, quelques soient leurs issues, les prochains comités d’unité antilibéraux en sortirons renforcés.
Les rendez-vous avec l’histoire son permanent, il suffit à chacun de décider de son engagement. Mais beaucoup s’y refusent pour poursuivre la leur. Volontairement ou pas, des rendez-vous sont manqués, mais l’histoire ne s’arrête pas pour autant, elle poursuit son chemin, avec ou sans nous !
Stelios
--Message edité par Stelios le 2007-06-23 11:59:26--
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